Apprendre à s’aimer par l’écriture : retrouver la bonne distance avec soi
Pourquoi l’amour de soi n’est pas un luxe ?
Apprendre à se rencontrer vraiment n’est pas une folie, ni un caprice.
C’est une nécessité.
A force de nous ignorer nous finissons par nous faire du mal : dans nos choix, nos relations, nos silences.
J’ai longtemps pratiqué cette distance avec moi-même.
Elle était devenue naturelle comme une seconde nature.
Arrive le moment du réveil.
Il est différent pour chacun.e d’entre nous.
Parfois c’est un gros coup dur, un accident, une maladie grave qui le déclenche.
Pour moi qui suis restée dans le déni de mes traumas pendant longtemps, rien n’a été précipité.
Ça a démarré doucement à l’aube de la quarantaine.
Oh ! Tout allait bien « en apparence ».
Une belle vie, un mari, une grande maison avec piscine (dans laquelle je n’allais presque jamais), un adorable fils en pleine santé, des voyages réguliers dans des pays étrangers.
La belle vie quoi ! Je cochais toutes les cases.
Au début on consulte souvent pour une dépression, un manque de confiance en soi, des problèmes de couple, de sommeil, parfois une rupture... mais derrière tous ces motifs, il y a souvent un manque d’amour de soi dont on n’a pas conscience.
Quand on commence à gratter un peu, on réalise qu’on a endossé insidieusement au fil des années un rôle pour bien « faire face » à l’autre. Ce rôle qu'on jouait déjà enfant.
Dans ma famille et dans mon couple, j’ai longtemps « choisi » le rôle de la silencieuse, un peu étrange, bizarre, celle qui croyait qu’elle n’avait pas droit à la parole.
En fait, on croit improviser une personnalité sur l’instant alors qu’elle s’est construite longtemps avant, au fil de nos relations, de nos traumas et des injonctions et attentes parentales de notre enfance.
Résultat : nous montrons une façade et nous perdons l’accès à notre moi intime.
Quand la vie nous met face à nous-même
Certaines circonstances nous révèlent.
Dans mon cas, écrire mon livre « Écoutez-moi ! » et sortir du silence après 35 ans, a mis en lumière une part courageuse, amoureuse de vérité et d’authenticité.
Ce n’était pas vraiment un simple témoignage mais plutôt un récit initiatique.
Une épreuve initiatique n’est jamais anodine : elle touche à la structure même de l’être et au système qui y est rattaché.
Quel est l’objectif d’une épreuve initiatique ?
- L’épreuve confronte la personne a une limite, un chaos, une perte de repères. Elle oblige à mourir à une ancienne identité pour naître à une nouvelle.
- Elle révèle une vérité intérieure : elle met à nu ce qui est essentiel, ce qui a toujours été là mais que l’on n’osait pas voir.
- L’épreuve est comme une forge qui brûle ce qui est superflu pour laisser apparaître une matière plus pure, plus alignée. En alchimie, on appelle ça l’œuvre au noir (nigredo) où tout se défait pour mieux renaître.
J’aime Carl Jung pour ça...
Bien sûr ce cheminement change et dérange profondément l’ordre établi.
Chez moi, il a dérangé : ma famille, mon couple, mes habitudes.
Dans le couple, j’avais fini par m’habituer à ce que mes besoins soient minimisés ou non écoutés.
Quand j’osais les exprimer, on me renvoyait l’image d’une ingrate, d’une égoïste.
Ce schéma beaucoup le connaissent. C’est aussi celui de certains parents qui répètent :
« après tout ce que j’ai fait pour toi », instillant chez l’enfant une dette invisible et une loyauté forcée.
Écrire m’a permis de me repositionner, de me rendre à moi-même et de faire dire un grand
« non » au silence et au déni.
La maladie, la perte, les crises jouent souvent ce rôle de miroir.
Elles nous obligent à voir et à nommer ce que nous ne voulions pas voir : dépendance affective, incapacité à être seul.e, l’art subtil du sabotage intérieur...
Sans ce travail, on se sent vide, à côté de soi, condamné.e à l’échec et au statut de victime à vie.
Etre calme, aligné.e avec qui on est, ce n’est pas se taire.
C’est au contraire savoir poser des limites, exprimer ses besoins, prendre sa juste place.
Car un couple, une relation ne se construit jamais dans le silence... mais dans la conscience, le respect et la communication où chacun peut être entendu.
S’aimer n’est pas être égoïste.
S’aimer ce n’est pas se placer en premier contre l’autre.
C’est prendre soin de soi pour mieux rencontrer l’autre... ou parfois réussir à le quitter.
L’égoïsme utilise, l’amour de soi relie.
L’amour de soi pose des limites, l’égoïsme n’en reconnaît aucune.
L’amour de soi se concentre sur l’essentiel, l’égoïsme sature de désirs superficiels.
Rien n’est plus opposé.
L’écriture comme retour à soi
L’écriture clarifie.
Elle permet de tracer une carte de nos besoins physiques, émotionnels et spirituels.
Elle fait tomber les masques.
Elle rend visibles nos mécanismes (faux-self d’hypersensible adapté.e, dépendance aux regards, peurs de la critique).
Page après page, on distingue nos forces et nos vulnérabilités.
On apprend à accueillir la critique sans s’effondrer - bon... un peu quand même mais on ne reste plus à terre - parce qu’on a appris à s’aimer pour de bon.
Ce que l’écriture m’a appris c’est que les relations profondes me nourrissent.
Les « small talks » m’épuisent.
Aujourd’hui, après avoir été longtemps embarquée dans le divertissement à outrance, je choisis des voyages, des achats, des relations et des liens porteurs de sens.
C’est un dépouillement personnel, relationnel, matériel, qui me rapproche de mon âme.
Et c’est un véritable kiff...
Trois exercices d’écriture pour amorcer l’amour de soi.
1. Journal des besoins (15 minutes par jour pendant 14 jours)
Chaque soir note 3 situations où tu t’es senti.e aligné.e et 3 où tu t’es senti.e à côté de toi. Qu’est-ce que ces moments réclamaient de toi (repos, vérité, limites, présence) ?
2. Lettre au faux-self : remercie-le pour ce qu’il a protégé. Écris ce que tu choisis d’exprimer désormais à sa place.
3. Auto-bienveillance concrète : Liste 5 compliments sincères sur des faits précis de la semaine. Pas de généralités.
Pourquoi un coaching en écriture change tout
L’écriture peut remuer : honte, colères, peurs des ruptures.
Il est important que tu comprennes que je n’accompagne pas seulement avec les mots, je suis aussi thérapeute, formée au trauma et aux outils de régulation émotionnelle (hypnose, ancrage, respiration, décodage des déclencheurs ; Havening ®).
En coaching on avance ensemble, on stabilise le système nerveux et on transforme l’expérience en texte juste, pas en déferlante.
Envie d’apprendre à t’aimer sans t’excuser d’exister ?
Réserve une séance découverte avec moi pour poser ton intention et voir comment nous pouvons collaborer.
Avec gratitude.
Sylvie
Illustration issue du livre Rouge de Carl Gustav Jung qui a été une exploration de sa propre psyché - écrit entre les années de 1913 à 1930 mais exposé pour la première fois en 2009 avec la coopération de la famille Jung.



