Avant d'ouvrir un nouveau chapitre...

Prendre rendez-vous avec son histoire

 

Début février Jean-Marc et moi avons entrepris un voyage dans le Pacifique.

Jean-Marc y est pour ainsi dire né. Il est arrivé sur le caillou à l’âge de 3 mois et moi, j’y ai vécu 24 ans. Une belle tranche de vie pour chacun de nous.

En termes d’itinéraire nous avions prévu un tour du monde... non pas en 80 jours mais en 30.

Premier tronçon : Paris / Tahiti où réside le fils de Jean-Marc et sa famille, 

Deuxième tronçon : Tahiti/Nouméa où résident encore les sœurs de Jean-Marc, sa famille et nos amis.

Troisième tronçon : Nouméa/Sydney, ville que nous adorons tous les deux.

Ensuite nous devions repartir à Paris en passant par le Qatar.

Sur le papier tout semblait assez clair et organisé.

 

Mais ce voyage n’était pas vraiment un voyage comme les autres. C’était un passage. Un retour. Une reconnexion et une mise en ordre intérieure avant une nouvelle étape de vie.

 

Durant ce mois tellement particulier nous sommes revenus sur nos pas, vers notre histoire.

 

Cela m’a rappelé l’histoire du vieux rabbin new-yorkais qui revenu à Vienne racontée par Christiane Singer. Je vous mets le lien sous cet article.

 

Tahiti : retrouver le lien, retrouver la douceur

 

Notre première étape fut Tahiti.

Passer une semaine chez le fils de mon mari, sa belle-fille et leurs enfants fut un immense bonheur pour nous deux.

 

Un moment hors temps. Une parenthèse suspendue.

Nous ne nous étions pas revus depuis 2017. Entre temps des épreuves difficiles - celles qui laissent des traces -, avaient traversé nos vies.

 

Certaines douleurs mettent du temps à cicatriser.

Cette semaine passée ensemble a été comme un baume au cœur pour chacun d’entre nous, une reconnexion. Un moment de simplicité, de vérité et d’évidence.

 

La douceur polynésienne, la nature luxuriante, le rythme apaisé, la proximité de l’océan, les chants tahitiens, tout invitait au lâcher prise.

 

Un peu comme si ce premier arrêt nous demandait simplement de revenir à l’essentiel : être ensemble, sans passé à défendre, sans rôle à tenir.

 

A Tahiti, nous n’avons pas seulement retrouvé notre famille.

Nous avons retrouvé une part de nous qui attendait d’être réaccueillie. Et ça c’était juste beau à vivre.

 

Nouméa : revenir, reconnecter, réparer

 

Après Tahiti nous sommes partis pour Nouméa.

 

Cette terre du Pacifique est profondément liée à notre histoire.

Jean-Marc y a grandi.

J’y ai vécu 24 ans.

C’est là que j’ai commencé à éclairer mon propre chemin.

La distance géographique avec la France était une façon de me protéger et de me cacher.

 

C’est là que j’ai commencé à me former en hypnose, en PNL, en soins énergétiques. C’est là aussi que j’ai ouvert mon premier cabinet. 

Je me suis d’abord spécialisée dans l’arrêt du tabac par l’hypnose, puis j’ai développé un premier programme d’accompagnement qui mêlait hypnose et coaching que j’avais intitulé « retrouver un nouveau souffle ». Un titre prémonitoire quand j’y repense car dans les années qui ont suivi ce sera surtout moi qui allais devoir retrouver le sien.

 

La vie est mystérieuse et souvent d’une justesse implacable.

 

C’est à Nouméa que nos histoires personnelles et familiales, déjà lourdes chacune de leur côté, se sont rencontrées, confrontées, parfois heurtées. 

26 ans que nous cheminons ensemble. Ce n’est pas rien. 

Les relations personnelles sont rarement simples après le trauma...

 

Nouméa est pour nous une terre de souvenirs merveilleux mais aussi une terre d’épreuves.

Depuis notre départ en 2021 pour moi, en 2022 pour Jean-Marc, beaucoup de choses étaient restées en suspens.

 

Des liens coupés.

Des silences gênés.

Des blessures non refermées.

 

Ce retour a été comme un appel. 

Comme s’il fallait revenir pour renouer, apaiser. Remettre de la vie là où il y avait de la douleur.

 

A Nouméa aussi, nous avons été accueillis dans la maison familiale.

Nous avons revu des proches, fêté des anniversaires, croisé « par hasard » notre psy avec qui nous avons pris plaisir à échanger, revus des personnes qui avaient compté.

Jean-Marc a revu des amis d’enfance, d’anciens collaborateurs.

Moi j’ai revu des femmes qui ont cheminé à mes côtés, des éclaireuses de vie.

Des humains qui reconnectent avec d’autres humains.

 

C’était doux, drôle, joyeux et parfois plus lourd et difficile car la Nouvelle Calédonie a elle aussi traversé des moments très douloureux ces deux dernières années.

La vie c’est tout ça à la fois.

Nous nous sommes souvenus, nous avons ri, parfois pleuré. 

La vie s’exprimait à nouveau. Enfin. Sans retenue.

 

Un soir nous avons organisé un dîner avec d’anciens collaborateurs. 

Nous devions être 4 au départ.

Nous nous sommes retrouvés 17 autour de la table.

17 personnes à se souvenir, à évoquer une époque joyeuse, à parler musique, concerts, vie.

L’émotion était là, palpable.

Il y avait de la joie, beaucoup de joie.

Mais il y avait aussi quelque chose de plus profond : la reconnaissance mutuelle, le respect, et cette sensation étrange que le temps malgré tout le temps avait fait son œuvre.

 

Comme si chacun avait grandi.

Comme si chacun avait compris.

Comme si chacun avait pu reprendre sa place.

Comme si les liens pouvaient exister à nouveau sans le poids du passé.

 

Nouméa a été le lieu d’une reconnexion et sans doute d’une réparation.

 

Quand la vie change d’itinéraire 

 

Nous devions ensuite rentrer en France en passant par le Moyen-Orient.

Mais le déclenchement de la guerre dans cette partie du monde a bouleversé notre plan de vol.

Impossible de suivre l’itinéraire initial.

Nous avons dû modifier notre retour et nous adapter.

La vie encore...

Sur le moment cela ressemblait à une contrainte, un imprévu de plus.

 

Et puis, avec le recul j’ai compris autre chose : nous devions rester plus longtemps à Sydney. 

Nous devions vivre, en famille, quelques jours de plus qui n’étaient pas inscrits au programme.

 

C’était comme si la vie refusait que ce voyage se termine trop vite.

 

Sydney : le temps qui n’était pas prévu

 

La prolongation du séjour à Sydney et le retour nécessaire à Nouméa avant de repartir à Paris nous a permis de passer du temps de qualité avec ma belle-soeur.

 

Encore un retour aux sources et à l’histoire familiale pour elle et Jean-Marc.

Ces jours supplémentaires tous ensemble ont été précieux.

Des moments simples.

Des promenades. Des repas partagés. Des souvenirs familiaux évoqués sans douleur, sans amertume. Ce sentiment de fatalité qui avait longtemps pu les accompagner avait disparu.

Les liens se sont encore resserrés. Naturellement.

 

Parfois ce que nous n’avions pas prévu est exactement ce dont nous avions besoin.

 

Ces journées ont été comme un temps d’intégration. 

Comme si tout ce qui avait été vécu à Tahiti et à Nouméa devait encore se déposer, se digérer, se comprendre.

 

Nous avions rendez-vous avec certains chapitres de notre histoire

 

Aujourd’hui en repensant à ce voyage, une évidence s’impose : nous avions rendez-vous.

Rendez-vous avec des lieux.

Rendez-vous avec des visages.

Rendez-vous avec des morceaux de notre passé.

Rendez-vous avec des émotions et des sensations que nous n’avions jamais vraiment traversées.

 

Nous pensions partir en voyage.

Nous étions en train de boucler des boucles.

 

Avant d’ouvrir un nouveau chapitre, la vie nous a demandé de refermer ceux qui restaient ouverts.

 

De revoir.

De dire.

De ressentir.

De reconnaître.

Et de remercier car la vie c’est aussi apprendre à remercier.

 

Il y a des moments dans une vie où tout semble se remettre en place.

Pas parce que tout devient facile mais parce que quelque chose en nous a lâché et est devenu plus juste.

 

Un nouveau cycle

 

Ce voyage marque pour moi la fin d’une période.

 

Clore des chapitres, encore et encore, pour pouvoir en ouvrir d’autres.

C’est ma façon de fonctionner et ma façon d’avancer.

 

Bien sûr, cela comporte un risque : celui de perdre ce que l’on croyait acquis.

 

Mais au fil des années j’ai compris que ce qui compte pour moi est ailleurs : gagner en vérité, en authenticité et en liberté. Et aujourd’hui je le sais avec une clarté nouvelle : je préfère perdre des clients, des amis ou des followers plutôt que de me perdre moi-même

 

Alors dans les mois à venir mon travail va encore évoluer car je veux continuer à suivre l’appel de mon âme.

Suivre cette petite voix intérieure qui me plaît de plus en plus... cette voix que je connaissais enfant et que je réapprends à écouter.

 

La vie sait ce qu’elle fait

 

La vie encore une fois nous a guidé exactement là où nous devions être.

 

A Tahiti nous avons retrouvé le lien, la joie et la simplicité du partage.

A Nouméa nous avons retrouvé la reconnexion et la paix du cœur.

A Sydney, nous avons reconnecté avec le mouvement, l’élan et la joie de se réinventer.

 

Aujourd’hui nous sommes de retour... prêts à nous remettre en marche.

Pas seulement en France mais dans une nouvelle étape de notre vie.

Car la vision ne mène à rien, à moins qu'elle ne se conjugue avec l'aventure.

Il ne suffit pas de regarder en haut de l'escalier, il faut se mettre à monter les marches (Vance Havner).

On avance ensemble.

 

 

 


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