En quittant la Nouvelle-Calédonie en 2021, je n’aurais jamais imaginé qu’un nouveau rendez-vous important avec la vie — et donc avec l’amour, car qu’est-ce que la vie sinon de l’amour qui cherche à se déployer — m’attendait en Alsace.
Oui, j’ai eu beaucoup de chance depuis mon retour.
La vie m’a offert un condensé intensif de toutes mes ténèbres : peurs, tristesse, culpabilité, honte, désespoir, haine, trahisons, orgueil.
Un cocktail explosif et détonant.
Pas besoin de Tabasco pour relever la saveur.
Et, au milieu de ce tumulte — sinon ce ne serait pas vraiment la vie, n’est-ce pas ? — il y eut aussi des voyages, l’écriture d’un livre, des rencontres, des prises de conscience incroyables, des bonds de Géant Vert suivis de vertigineuses descentes aux enfers.
Un grand écart divinement orchestré par le Grand Chef d’orchestre.
Cette sensation de flirter en permanence entre la Vie, avec un grand V — celle qui émane d’un cœur immensément libre — et la mort, parfois sournoise et distillée goutte à goutte, parfois brutale comme un coup de poignard.
Sacrée vie.
Christian Bobin écrivait : « Il faut que la vie nous arrache le cœur, sinon ce n’est pas la vie. »
Comme il avait raison.
Pourquoi la souffrance ?
J’ai longtemps cherché à répondre à cette question simple en apparence.
En bonne chercheuse, j’ai trouvé toutes sortes de réponses : biologiques, neurologiques, psychologiques, névrotiques, transgénérationnelles, karmiques… antibiotiques (non, là je plaisante).
En vérité, je danse entre la vie et la mort depuis le ventre de ma mère. Neuf mois agités, pour elle comme pour moi. C’est notre histoire.
Oui, j’ai croisé le trauma très tôt sur ma route.
Il fallait bien qu’un jour arrive cet arrêt, cette nécessité de mettre des mots sur les maux, pour me tenir face à face avec ma mère, avec la Vie… et avec moi-même.
C’est ce que j’ai fait en écrivant Écoutez-moi !
Le ménage du cœur
Ce livre a été le grand ménage de mon cœur.
Un cœur poussiéreux, abîmé, blessé.
Dépoussiérer un vieux cœur blessé prend du temps. Pour moi, plus de cinquante ans. Cela peut sembler long, mais je crois que chaque cœur a sa saison. On ne vendange que lorsque le raisin est mûr.
J’ai mis du temps à comprendre que si nous avons une bouche, c’est pour parler. Et que parler n’est pas trahir, mais commencer à se libérer.
Même si la publication de mon livre s’est accompagnée de secousses — échos du trauma originel — je savais, au fond, que ses dernières lignes ouvraient déjà une nouvelle voie/voix.
La voie/voix du cœur, de la lumière et de la paix.
Extrait de Écoutez-moi !
En février 2023, nous partons quelques jours en famille à Assise. Jean-Marc et Quentin m’ont offert ce voyage pour Noël.
Quelle émotion de fouler la terre de Saint François, dont j’ai toujours admiré l’engagement total, la proximité avec la nature et les animaux. J’ai vu le film retraçant sa vie de nombreuses fois. Et les premières phrases de sa prière me touchent depuis si longtemps :
Seigneur, fais de moi un instrument de ta paix.
Là où est la haine, que je mette l’amour.
Là où est l’offense, que je mette le pardon.
Là où est la discorde, que je mette l’union.
Là où est l’erreur, que je mette la vérité.
Là où est le doute, que je mette la foi.
Là où est le désespoir, que je mette l’espérance.
Là où sont les ténèbres, que je mette la lumière.
Là où est la tristesse, que je mette la joie.
La voie du cœur
Cette voie est un chemin initiatique. Elle nous invite à plonger dans les profondeurs de notre âme, à affronter nos démons et nos peurs les plus intimes.
Et, à mesure que l’on avance, une qualité nouvelle de présence apparaît. Les couleurs deviennent plus vives. Notre regard sur la vie et sur nos épreuves change.
C’est une voie de mystères, d’observations, d’expérimentations. Une voie qui se tisse dans le temps.
Et un jour, on comprend que tout était déjà là, depuis le début.
Quand on demanda à Michel-Ange comment il sculptait de telles merveilles, il répondit :
« J’ai vu un ange dans le marbre et j’ai simplement ciselé jusqu’à l’en libérer. »
L’écriture, comme tous les arts, peut être ce ciseau qui délivre, du marbre froid et dur, notre ange intérieur.
On écrit ensemble ?
Atelier d’écriture — 30 août 2025
Pour celles et ceux qui souhaitent, eux aussi, commencer à dépoussiérer leur cœur par l’écriture, j’organise le samedi 30 août 2025, de 14h à 17h (heure de Paris), un atelier en ligne via Zoom.
Un espace chaleureux et sécurisé pour mettre en mots ce qui pèse, libérer ce qui doit l’être, et retrouver la force créatrice de votre voix.
Lien d’inscription :
https://buy.stripe.com/28E28s5Tz0mX8T5cx1fbq00
Photo personnelle : Assise, février 2023
