Se retrouver après s'être perdu.e : quand l'écriture devient un acte de résistance
Pourquoi nous nous perdons ?
Dès notre plus jeune âge, nous sommes soumis à un flot d’attentes. Elles viennent de partout : de la famille, de l’école, de la société. Très tôt, on nous apprend qu’il faut être ce qu’on attend de nous, pas nécessairement ce que nous sommes au fond.
On nous dit comment nous tenir, quoi dire, quoi taire. On nous enseigne qu’il vaut mieux entrer dans le moule, ne pas déranger. C’est ainsi que, peu à peu, nous commençons à modeler notre personnalité en fonction du regard de l’autre.
Les hypersensibles en sont un bel exemple. Parce qu’ils ressentent tout plus fort, ils apprennent souvent à se conformer, à se fondre pour ne pas déranger, ne pas susciter de réactions trop vives. Ils construisent alors un faux-self, un personnage acceptable, une silhouette lissée pour ne pas risquer le rejet. C’est comme porter un costume trop serré, trop étriqué pour notre véritable nature.
Et cela ne s’arrête pas à l’enfance. Les couples, les familles prolongent ces injonctions. Il n’est pas toujours bien vu d’évoluer, de changer, de grandir différemment. Beaucoup préfèrent qu’on reste celui ou celle qu’on a toujours été, parce que cela les rassure. La société, elle, propage ses propres modèles de réussite, de bonheur, de vie « idéale », qui ne sont pas toujours alignés avec les nôtres.
Et vous, sentez-vous parfois ce poids sur vos épaules ? Ce carcan invisible qui vous dicte comment vivre, aimer, choisir, être ?
Le risque de la vie non vécue
Puis vient un jour où, après avoir longtemps avancé en mode automatique, et c’est souvent le cas après avoir vécu des traumas, on se réveille. On se regarde dans le miroir, ou on se retrouve seul un instant, et la question émerge : suis-je à ma place ? Est-ce la vie que je veux vraiment ?
Pour beaucoup, ces questions font peur. Elles sont jugées « égocentriques », « réservées à ceux qui ont le luxe de se les poser ». Pourtant, elles sont vitales. Car vivre en dehors de soi, c’est passer à côté de son existence.
C’est vieillir avec un goût amer sur la langue. Celui de n’avoir jamais osé écouter son âme, de n’avoir jamais exploré ses propres désirs, ses rêves, ses aspirations profondes.
" La plus grande tragédie de la vie n'est pas la mort, mais ce qui meurt en nous tandis que nous vivons." Norman Cousins
Combien d’entre nous se lèvent chaque matin pour enfiler une vie qui ne leur ressemble pas ? Combien s’accrochent à un métier, une relation, un environnement qui ne fait plus sens, simplement parce que c’est plus simple ainsi ?
L’écriture comme rupture et reconquête
C’est ici que l’écriture entre en scène, non pas comme un simple loisir, mais comme un acte de résistance. Écrire, c’est s’offrir un espace rien qu’à soi. Un No Man’s Land où l’on peut tout dire, tout remettre en question.
Dans cet espace, on ose enfin poser ses « non », ses vérités, ses espoirs. On laisse couler sur le papier des phrases qu’on n’a jamais prononcées à voix haute. Parfois, on est le premier surpris par ce qui jaillit.
" Écrire, c’est aussi ne pas parler. C’est se taire. C’est hurler sans bruit."
Marguerite Duras
Au fil des pages, on se dépouille. On réalise qu’on a besoin de moins de choses, mais de plus de sens. Les priorités changent : on choisit mieux ses projets, ses engagements. Ce qui n’est pas aligné avec qui nous devenons commence à se déliter naturellement.
Écrire, c’est aussi faire acte de courage. C’est décider de regarder en face ce qu’on a trop longtemps contourné. D’oser explorer ses ombres, ses contradictions, ses blessures.
Et après ? Le retour à soi et à des liens plus vrais
Peu à peu, l’écriture amorce un retour à soi. On restaure l’image qu’on a de soi-même, on reconstruit la confiance, pierre après pierre. Et cet apaisement intérieur rejaillit sur nos liens : on ose des relations plus vraies, plus profondes, libérées des faux-semblants.
On apprend aussi à apprivoiser la solitude. Non comme un vide terrifiant, mais comme un lieu de ressourcement. Un espace où l’on se retrouve, où l’on se relie à ce qui compte vraiment.
" Je ne suis pas ce qui m’est arrivé, je suis ce que je choisis de devenir."
Carl Gustav Jung
C’est ainsi qu’on se retrouve vraiment, qu’on se réapproprie sa vie, qu’on cesse de simplement « faire semblant ». On devient capable de dire : « Ceci, je le garde. Cela, je le laisse. » Parce que désormais, on sait ce qui nous ressemble.
Mon regard de thérapeute et coach formée au trauma
Depuis plus de dix ans, j’accompagne des hommes et des femmes sur ce chemin. En tant que thérapeute et coach formée spécifiquement au trauma, je mesure combien il peut être intimidant d’aller éclairer ces zones d’ombre.
C’est pourquoi j’aime dire que nous faisons ensemble une traversée des zones de turbulence, main dans la main. Je veille à créer un espace sécure, où tout peut être dit, où tout peut être entendu, pour que chacun puisse revisiter son histoire sans s’y perdre, et surtout en ressorte plus libre et plus grand.
Écrire seul est déjà un formidable outil de transformation. Mais être accompagné pour aller là où l’on n’ose pas toujours aller seul, c’est ouvrir la porte à des libérations encore plus profondes.
Écrire pour se retrouver est bel et bien un acte de résistance face aux diktats du monde. C’est un geste d’amour radical envers soi. Oser ce chemin, c’est s’offrir la chance de vivre une vie alignée avec son âme, loin des rôles imposés et des masques figés.
« Et un jour, tu réaliseras que tu as traversé le pire… et que tu es toujours là, debout, plus vrai que jamais. »
Vous pouvez choisir d’écrire pour vous, en toute intimité, pour explorer votre monde intérieur et en ressortir plus ancré, plus aligné, plus vivant.
Ou vous pouvez décider d’aller plus loin, de transformer votre histoire en un témoignage à partager, pour inspirer, éveiller, montrer qu’il est possible de se relever comme je l’ai fait dans mon livre “Ecoutez-moi !” paru aux éditions Maïa.
Quelle que soit la voie, l’important est d’oser commencer. D’oser se rencontrer pour de vrai.
Et si c’était le bon moment pour vous ?
Si vous ressentez l’élan d’écrire pour vous, ou de coucher sur le papier un témoignage destiné à être lu, je serais honorée de vous accompagner dans cette traversée, pas à pas, en toute sécurité.
Écrivez-moi pour qu’on en parle ensemble.
Sylvie
Photos personnelles prises en avril 2023 avec Andréa Bescond, réalisatrice du film “Les chatouilles” et auteure du livre “une simple histoire de famille”.
